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« Vous pressez le bouton »

« Vous pressez le bouton »
Eastman Kodak, Brownie, vers 1900.

En 1888, George Eastman lance le Kodak avec un slogan resté célèbre : « Vous pressez le bouton, nous faisons le reste. » La photographie quitte les mains des professionnels pour devenir un geste de masse — et une nouvelle manière d'archiver sa vie.

Le premier Kodak est un boîtier préchargé de cent vues : l'amateur photographie, puis renvoie l'appareil entier à l'usine de Rochester, qui développe et recharge. Eastman supprime toute la technique. En 1900, le Brownie, vendu un dollar, met l'appareil jusque dans les mains des enfants. En 1888, George Eastman lance le Kodak avec un slogan resté célèbre : « Vous pressez le bouton, nous faisons le reste.

Le discours commercial est frappant : l'appareil est présenté comme une mémoire fiable, capable de « fixer » des instants que l'esprit laisserait échapper. À une époque fascinée par la psychologie expérimentale, l'image oppose l'exactitude mécanique à la fragilité du souvenir. » La photographie quitte les mains des professionnels pour devenir un geste de masse — et une nouvelle manière d'archiver sa vie.

L'effet est durable. Le souvenir cesse de dépendre du seul récit pour devenir un objet matériel, reproductible et accumulable. Le snapshot familial invente une pratique — documenter sa propre existence — qui culminera, un siècle plus tard, dans la photographie numérique permanente.

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