Culture
Les bureaux sans ciel
Les plateaux de bureaux profonds, climatisés et sans fenêtre se généralisent après-guerre. Privé de lumière du jour, principal synchroniseur de l'horloge biologique, l'organisme dérègle ses rythmes : vigilance en baisse le jour, sommeil dégradé la nuit.
La climatisation et le tube fluorescent rendent possibles, dès les années 1950, d'immenses surfaces sans contact avec l'extérieur. L'efficacité immobilière prime : on éloigne les postes des façades, on supprime les vues. Les plateaux de bureaux profonds, climatisés et sans fenêtre se généralisent après-guerre.
Or la lumière naturelle est le « zeitgeber » dominant du cycle circadien. En son absence, la sécrétion de mélatonine se décale et la pression de sommeil se désorganise. Une étude de 2014 menée sur des employés de bureau a mesuré que ceux installés près d'une fenêtre dormaient en moyenne près de trois quarts d'heure de plus par nuit. Privé de lumière du jour, principal synchroniseur de l'horloge biologique, l'organisme dérègle ses rythmes : vigilance en baisse le jour, sommeil dégradé la nuit.
Ces résultats ont fait basculer la conception des espaces de travail. L'accès à la lumière du jour n'est plus traité comme un confort mais comme un paramètre de santé, désormais inscrit dans les certifications environnementales et le « design biophilique ».