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Habitat 67, cubes habitables

Habitat 67, cubes habitables
Habitat 67, Montréal, 2010.

Pour l'Exposition universelle de Montréal en 1967, Moshe Safdie propose Habitat 67 : cent cinquante-huit logements empilés en béton préfabriqué, chacun avec terrasse et lumière naturelle. Devenu icône, le projet n'a jamais été reproduit à grande échelle — trop coûteux, trop singulier — et ses appartements se vendent aujourd'hui à des prix de luxe.

Lorsque Moshe Safdie présente Habitat 67 à l'Exposition universelle de Montréal, le projet surprend par son audace : cent cinquante-huit logements empilés en béton préfabriqué, chacun avec terrasse et lumière traversante, dans l'espoir de concilier densité urbaine et fragments de maison individuelle en hauteur. Safdie, alors jeune architecte canadien, conçoit l'ensemble comme une thèse devenue bâtiment réel — sortir de la barre d'immeuble uniforme en offrant à chaque famille un morceau de maison suspendue au-dessus du fleuve.

Les modules sont fabriqués en usine et assemblés sur place ; l'Expo attire des millions de visiteurs qui transforment aussitôt le complexe en icône photographique. Pourtant les coûts explosent, la personnalisation des unités complique la logistique, et le modèle peine à se généraliser. Habitat n'est pas un échec d'habitation — les résidents apprécient la qualité des espaces et la lumière — mais un échec de réplicabilité : on le compare parfois à Pruitt-Igoe pour raconter une chute du modernisme, comparaison injuste pour un bâtiment entretenu et classé patrimoine.

Aujourd'hui les appartements se vendent à des prix élevés sur le marché montréalais, et l'utopie sociale initiale a laissé place à un luxe architectural sélectif. L'édifice continue d'influencer l'imaginaire de l'architecture modulaire, des rendus 3D de start-up immobilières aux projets contemporains de logements empilés, tout en rappelant qu'une bonne idée spatiale ne suffit pas sans économie politique favorable.

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