Culture
Le rire est social
Le rire est d'abord un signal social, pas une réaction au comique. On rit jusqu'à trente fois plus en groupe que seul — et le plus souvent sur des phrases parfaitement banales.
Dans les années 1990, le neuroscientifique Robert Provine enregistre des milliers d'éclats de rire dans la rue, et son constat déroute : la plupart ne suivent aucune plaisanterie mais ponctuent des échanges très ordinaires, du type « on se voit plus tard ? ». Le rire structure la conversation bien plus qu'il ne salue l'humour. Le rire est d'abord un signal social, pas une réaction au comique.
Il est aussi contagieux et presque impossible à simuler, car déclenché par le rire d'autrui, il échappe largement à la volonté — ce qui explique l'efficacité des rires enregistrés introduits dès les années 1950 à la télévision pour entraîner ceux du public. On comprend alors qu'il s'agit moins d'une réaction au comique que d'un signal adressé aux autres. On rit jusqu'à trente fois plus en groupe que seul — et le plus souvent sur des phrases parfaitement banales.
Le rire apparaît ainsi comme un mécanisme de lien hérité de nos ancêtres primates et antérieur au langage, qui sert d'abord à synchroniser un groupe et à signaler la sécurité et la connivence, bien avant de récompenser une bonne blague.