Culture
Les écrans qui retardent la nuit
La lumière des écrans ne fatigue pas que les yeux : sa composante bleue trompe l'horloge biologique. Le cerveau l'interprète comme un signal de jour et retarde la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil.
En 2002, des chercheurs identifient dans la rétine un type de cellule jusque-là inconnu : des cellules ganglionnaires à mélanopsine. Elles ne servent pas à voir mais à mesurer la lumière ambiante, et sont surtout sensibles aux longueurs d'onde bleues. La lumière des écrans ne fatigue pas que les yeux : sa composante bleue trompe l'horloge biologique.
Ces capteurs renseignent l'horloge centrale du cerveau sur l'alternance jour-nuit. Exposés le soir à la lumière bleue d'un écran, ils signalent un faux midi : la sécrétion de mélatonine est repoussée, l'endormissement retardé, le rythme circadien décalé. Le cerveau l'interprète comme un signal de jour et retarde la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil.
De là viennent les « modes nuit » qui réchauffent la teinte des écrans en soirée. L'effet réel reste modeste face au pouvoir stimulant du contenu lui-même, mais le mécanisme est solide : notre biologie, calée sur le soleil, n'avait pas prévu une source de jour tenue à trente centimètres du visage.