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Le clavier né d'un bourrage

Le clavier né d'un bourrage
Remington Noiseless, machine à écrire, vers 1925.

Dès 1874, la première machine à écrire commerciale, la Remington, fixe le clavier QWERTY que nous utilisons encore. Un demi-siècle plus tard, des modèles « silencieux » tentent de corriger le défaut qu'elle avait introduit : le bruit.

Conçue par Christopher Sholes et industrialisée par l'armurier Remington, la machine de 1874 dispose les lettres pour éviter que les marteaux voisins ne se bloquent — d'où l'ordre QWERTY, optimisé pour la mécanique et non pour les doigts. Mark Twain sera l'un des premiers auteurs à remettre un manuscrit dactylographié. Dès 1874, la première machine à écrire commerciale, la Remington, fixe le clavier QWERTY que nous utilisons encore.

Le succès a un revers sonore. Les bureaux se remplissent du martèlement continu des frappes, vécu comme épuisant. À partir des années 1910, des fabricants lancent des machines « noiseless » à frappe amortie, prisées des hôtels, des bibliothèques et des bureaux de direction. Un demi-siècle plus tard, des modèles « silencieux » tentent de corriger le défaut qu'elle avait introduit : le bruit.

Le clavier, lui, ne bougera plus. Malgré des dispositions plus rapides proposées par la suite, le QWERTY s'impose par habitude et compatibilité — un cas classique de verrouillage technologique, où un choix mécanique du XIXe siècle gouverne encore nos écrans.

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