Culture
Les vitrines vivantes
Dans les années 1930, certaines vitrines de grands magasins utilisent des mannequins mécaniques capables de bouger légèrement la tête ou de cligner des yeux. Les passants s'arrêtaient parfois pendant plusieurs minutes devant ces figures presque humaines. Le commerce moderne commence alors à exploiter une sensation très particulière : le malaise fascinant provoqué par les objets presque vivants.
Au début du XXe siècle, les grands magasins se transforment en véritables théâtres urbains, et leur vitrine doit accrocher le regard de foules qui défilent vite. Pour y parvenir, plusieurs enseignes installent des mannequins animés par des moteurs cachés, capables de tourner lentement la tête, de cligner des yeux ou de répéter de petits gestes. L'effet sur les passants est immédiat : ces figures paraissent presque humaines sans l'être tout à fait, et ce trouble mêlé de fascination annonce déjà ce qu'on nommera plus tard l'« étrange vallée ».
L'électricité fait de ces vitrines des spectacles permanents, offerts gratuitement depuis le trottoir. Éclairages puissants, surfaces réfléchissantes et mouvements automatiques transforment la façade commerciale en scène nocturne, et le mannequin cesse d'être un simple portant pour devenir un acteur mécanique de la vie urbaine. Dans les années 1930, certaines vitrines de grands magasins utilisent des mannequins mécaniques capables de bouger légèrement la tête ou de cligner des yeux.
Ces expériences préfigurent une longue lignée, de la publicité immersive à l'animation commerciale, jusqu'à certaines recherches actuelles sur les robots humanoïdes. Les passants s'arrêtaient parfois pendant plusieurs minutes devant ces figures presque humaines.