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Deux mois sans temps

Deux mois sans temps
Mont Granier (Chartreuse, Savoie), près du gouffre glacé de Scarasson.

En 1962, le spéléologue Michel Siffre s'enferme seul deux mois dans le gouffre glacé de Scarasson, près du mont Granier, sans montre ni lumière du jour. Privé de tout repère, son horloge interne dérive : il croit ressortir bien plus tôt que la date réelle.

Installé dans le gouffre glacé de Scarasson, dans les Alpes, Siffre ne dispose d'aucun indicateur extérieur. Il mange et dort au gré de son corps et signale par téléphone chaque réveil à une équipe de surface, seule à connaître l'heure réelle. En 1962, le spéléologue Michel Siffre s'enferme seul deux mois dans le gouffre glacé de Scarasson, près du mont Granier, sans montre ni lumière du jour.

Le résultat fonde la chronobiologie humaine. Livré à lui-même, son cycle veille-sommeil se cale spontanément sur une journée d'environ vingt-quatre à vingt-cinq heures. À la remontée, il estime être resté bien moins longtemps qu'en réalité : son décompte des jours a pris un retard considérable. Privé de tout repère, son horloge interne dérive : il croit ressortir bien plus tôt que la date réelle.

Ces expériences « hors du temps », que Siffre répétera plus tard sous terre, montrent que la perception de la durée n'a pas d'horloge absolue. Elle dépend d'un rythme biologique interne, normalement remis à l'heure chaque jour par la lumière ; privé de ce signal, le temps subjectif se détache du temps réel.

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