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Les miroirs des ascenseurs

Les miroirs des ascenseurs
Miroir dans un ascenseur, Osaka.

Si presque tous les paliers d'ascenseurs sont équipés de miroirs, ce n'est pas par coquetterie. C'est l'une des plus anciennes réponses à un problème insoluble : on ne peut pas vraiment accélérer un ascenseur, mais on peut rendre l'attente supportable.

Au milieu du XXe siècle, les gérants d'immeubles de bureaux croulent sous les mêmes réclamations : les ascenseurs seraient « trop lents ». Comme en augmenter la vitesse ou le nombre coûterait une fortune, un consultant propose une solution dérisoire qui va pourtant tout changer — installer de grands miroirs près des portes. Si presque tous les paliers d'ascenseurs sont équipés de miroirs, ce n'est pas par coquetterie.

Les plaintes chutent alors qu'aucune cabine n'a accéléré, car le miroir occupe le regard : on se recoiffe, on observe discrètement les autres, et le temps mort se remplit de lui-même. C'est l'application directe d'un principe bien connu de la perception, selon lequel une attente occupée semble plus courte qu'une attente vide. C'est l'une des plus anciennes réponses à un problème insoluble : on ne peut pas vraiment accélérer un ascenseur, mais on peut rendre l'attente supportable.

Devenu un classique de la recherche opérationnelle, l'épisode illustre un renversement de méthode : plutôt que de s'attaquer au problème réel, la durée, on traite le problème ressenti, l'ennui. Le simple miroir de palier relève ainsi, sans en avoir l'air, d'une véritable ingénierie de l'attente.

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