Architecture
François Ier invente Fontainebleau
Après la bataille de Marignan en 1515, François Ier transforme Fontainebleau en laboratoire de la Renaissance française. Entre 1528 et 1540, il fait édifier la Galerie François Ier, où Rosso Fiorentino et Primatice inventent l'École de Fontainebleau : maniérisme, stucs extravagants, allégories mêlant mythologie païenne et emblèmes royaux. Le roi y installe des œuvres de Léonard de Vinci, dont la Joconde, qui restera au château jusqu'à son transfert au Louvre. Fontainebleau n'imite pas l'Italie : elle la digère, y ajoute la forêt de Fontainebleau, les fêtes de cour et une idée nouvelle du palais comme atelier permanent d'artistes européens.
Le château médiéval est profondément remanié par François Ier, qui y passe une partie de chaque automne pour chasser dans la forêt environnante. Il fait venir d'Italie des artisans — Rosso dès 1530, Primatice vers 1532 — et leur confie des espaces entiers à décorer.
La Galerie François Ier, longue de soixante-quatre mètres, combine fresques, lambris et stucs dorés. Rosso y développe un vocabulaire de satyres, de nymphes et de cadres enroulés qui influencera la décoration française jusqu'au règne de Louis XIV. Le plafond alterne caissons sculptés et scènes allégoriques célébrant le roi comme protecteur des arts.
Léonard de Vinci arrive en France en 1516, invité par François Ier, et meurt au Clos Lucé en 1519. La Joconde figure dans l'inventaire de Fontainebleau en 1539 ; elle y demeure avant d'intégrer la collection royale parisienne. Cette présence symbolise le lien entre la cour de France et la Renaissance italienne.
Fontainebleau devient le modèle des châteaux de la Loire et des palais européens : Henri IV y naît ; Napoléon y abdique en 1814. L'École de Fontainebleau marque la première synthèse nationale entre gothique tardif et classicisme naissant — un style né d'un château de chasse devenu académie royale.