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Le cri qu'on n'entend pas

Le cri qu'on n'entend pas
Edvard Munch, Le Cri, 1893.

Contrairement à ce qu'on croit, le personnage du Cri de Munch ne hurle pas : il se bouche les oreilles. Selon le peintre, c'est la nature elle-même qui pousse un cri infini, et la silhouette tente de s'en protéger.

Edvard Munch peint la première version du Cri en 1893. Dans son journal, il décrit la scène fondatrice : un soir, sur une colline près d'Oslo, le ciel devient « rouge sang » et il sent « un grand cri traverser la nature ». L'œuvre ne représente donc pas une émotion individuelle mais une angoisse cosmique. Contrairement à ce qu'on croit, le personnage du Cri de Munch ne hurle pas : il se bouche les oreilles.

Le ciel écarlate a intrigué les scientifiques. Une hypothèse l'attribue aux crépuscules anormalement rouges provoqués, des années durant, par l'éruption du Krakatoa en 1883, dont les cendres avaient gagné l'Europe. Munch en aurait gardé l'empreinte visuelle. Selon le peintre, c'est la nature elle-même qui pousse un cri infini, et la silhouette tente de s'en protéger.

Munch décline le motif en plusieurs versions, peintes, au pastel et en lithographie. Deux d'entre elles seront spectaculairement volées, en 1994 puis en 2004, avant d'être retrouvées. En 2021, l'analyse d'une inscription au crayon — « n'a pu être peint que par un fou » — confirme qu'elle est de la main de Munch lui-même.

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