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Histoire

Le Parthénon en poudrière

Le Parthénon en poudrière
Le Parthénon, Acropole d'Athènes.

Le Parthénon que nous visitons aujourd'hui n'a pas seulement subi le temps : une explosion l'a profondément mutilé en 1687. Pendant le siège vénitien d'Athènes, les troupes ottomanes utilisent le monument antique comme entrepôt de poudre ; un obus vénitien le frappe, détruisant toiture, colonnes et sculptures. La silhouette actuelle du temple doit autant à cette journée qu'aux siècles passés.

Construit au Ve siècle avant notre ère sous Périclès, le Parthénon est d'abord un temple dédié à Athéna sur l'Acropole d'Athènes. Il traverse ensuite plusieurs vies — église chrétienne, mosquée ottomane, monument admiré par les voyageurs européens — et conserve une structure reconnaissable jusqu'au XVIIe siècle. En 1687, la République de Venise mène une campagne contre l'Empire ottoman ; Francesco Morosini assiège Athènes, et les défenseurs ottomans installent un dépôt de poudre à canon à l'intérieur du Parthénon, probablement en pensant que les Vénitiens éviteront de tirer sur un monument aussi prestigieux.

Un projectile touche le bâtiment. La déflagration est massive : le toit s'effondre, des colonnes du péristyle sont projetées, des sculptures antiques brisées ou dispersées. L'explosion n'est pas un accident isolé — elle s'inscrit dans une guerre de territoires en Méditerranée orientale —, mais elle marque le moment où le monument bascule visuellement vers l'état de ruine monumentale que nous connaissons. Morosini tente ensuite d'emporter des sculptures comme trophées ; certaines s'effondrent en cours de manutention. Le plus célèbre épisode de spoliation reste ultérieur — les marbres d'Elgin au début du XIXe siècle —, mais 1687 reste la blessure la plus visible.

Cette date oblige à corriger une vision trop romantique des ruines antiques. Le Parthénon n'est pas seulement « vieux » : il a été réutilisé, militarisé, détruit partiellement par la poudre moderne. Sa beauté actuelle mêle grandeur classique et violence historique récente — preuve qu'un symbole peut survivre à l'Antiquité pour être mutilé par des techniques de guerre qui n'existaient pas lors de sa construction.

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