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Les cabines automatiques

Les cabines automatiques
Anatol Josepho, photomaton, 1927.

Le premier Photomaton ouvre à New York en 1925 : pour 25 cents, huit portraits en huit minutes, sans photographe. Seul face à l'objectif, le client se met soudain à poser autrement.

Le premier Photomaton ouvre à New York en 1925 : pour vingt-cinq cents, huit portraits en huit minutes, sans photographe. L'inventeur Anatol Josepho installe sa cabine automatique sur Broadway ; le succès est immédiat — des centaines de milliers de clients la première année. En 1927, il vend son brevet pour environ un million de dollars, somme colossale pour l'époque.

La nouveauté n'est pas seulement technique. Sans opérateur pour juger la pose, l'individu se retrouve seul face à l'objectif — situation qui libère grimaces, séries d'expressions et mises en scène intimes impossibles devant un photographe professionnel. Seul face à l'appareil, le client se met soudain à poser autrement : la cabine devient un espace de désinhibition.

Cette spontanéité fera la fortune artistique du dispositif. Les surréalistes exploitent les bandes en série ; Andy Warhol en fait plus tard un outil de portrait répété. Le Photomaton invente une image de soi automatique, bon marché et étrangement libre — préfiguration des selfies et des filtres numériques, où l'on se photographie seul parce que personne ne regarde, sauf la machine.

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