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Histoire

Les murs de Pompéi

Les murs de Pompéi
Graffiti électoraux sur la façade du thermopolium d'Asellina, Pompéi (CIL IV, 7870–7874).

Les murs de Pompéi conservent des milliers de graffiti datant des dernières années précédant l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. Ces inscriptions montrent une culture écrite beaucoup plus quotidienne qu'on ne l'imagine souvent pour le monde romain : campagnes électorales, annonces commerciales, insultes, plaisanteries sexuelles ou simples messages personnels recouvrent les façades de la ville.

Les graffiti pompéiens constituent l'un des ensembles d'écriture vernaculaire les mieux conservés de l'Antiquité. Gravés, peints ou tracés au charbon, ils apparaissent dans les tavernes, les maisons privées, les rues et plusieurs bâtiments publics.

Ces inscriptions révèlent une pratique de l'écrit beaucoup plus diffuse socialement que ne le suggèrent les grands textes littéraires latins transmis par les manuscrits médiévaux. Plusieurs messages soutiennent des candidats aux élections municipales ou annoncent des combats de gladiateurs. D'autres relèvent simplement de conversations ordinaires, de plaisanteries ou de déclarations amoureuses.

Le ton est souvent très direct. Certains auteurs insultent des voisins, se moquent d'adversaires politiques ou laissent des commentaires explicitement sexuels. Cette diversité offre aux historiens un accès inhabituellement concret aux interactions sociales quotidiennes dans une ville romaine de taille moyenne.

Les chercheurs étudient également la manière dont ces inscriptions structurent l'espace urbain. Les murs fonctionnent comme des surfaces de communication constamment réutilisées, effacées ou recouvertes. L'éruption du Vésuve interrompt brutalement cette dynamique et conserve non seulement l'architecture de Pompéi, mais aussi les traces les plus ordinaires de sa vie sociale.

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