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Les restaurants sans serveurs

Les restaurants sans serveurs
Horn & Hardart, New York, vers 1930.

Dans certaines grandes villes des années 1920, des restaurants automatiques permettaient de manger sans presque parler à un employé. Derrière de petites vitrines métalliques, les clients récupéraient cafés, sandwichs ou desserts en insérant quelques pièces. Ces lieux fascinants donnaient l'impression d'une alimentation entièrement mécanisée et ultramoderne.

Au début du XXe siècle, les « automats » connaissent un immense succès aux États-Unis, portés par la chaîne Horn & Hardart. Le principe a tout d'une promesse futuriste : les plats attendent derrière des compartiments vitrés individuels, et il suffit de glisser quelques pièces pour ouvrir la petite porte métallique et emporter son repas. Le service visible disparaît presque entièrement, des employés rechargeant les casiers depuis l'arrière, à l'abri des regards.

Ce dispositif traduit la fascination de l'époque pour l'automatisation industrielle, à un moment où se multiplient les machines censées accélérer et rationaliser les gestes du quotidien. Les automats séduisent surtout les grandes métropoles comme New York, auxquelles ils offrent une image rapide, efficace et démocratique de la modernité, soulignée par un décor de surfaces métalliques brillantes, de géométries répétées et de vitrines lumineuses alignées.

L'expérience sociale qui en résulte est pourtant singulière : on y mange plus vite, plus silencieusement, dans un rapport partiellement déshumanisé au repas. Bien avant les distributeurs automatiques et les commandes numériques, ces restaurants annonçaient déjà plusieurs formes contemporaines de consommation sans contact.

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