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Architecture

Le gratte-ciel qui laisse du vide

Le gratte-ciel qui laisse du vide
Seagram Building, Ludwig Mies van der Rohe, New York, 1958.

Lorsque le Seagram Building est terminé à New York en 1958, son immense place vide devant la tour surprend profondément les promoteurs immobiliers. Le bâtiment recule volontairement par rapport à la rue au lieu d'occuper tout le terrain disponible. Ce simple espace vide va transformer durablement l'architecture des gratte-ciel américains.

Lorsque Ludwig Mies van der Rohe et Philip Johnson conçoivent le Seagram Building, à la fin des années 1950, la règle new-yorkaise est simple : le sol de Manhattan coûte si cher qu'on bâtit au maximum des limites du terrain. Mies prend le contre-pied de cette logique en reculant sa tour pour ménager devant elle une vaste esplanade de granit, délibérément laissée vide. Lorsque le Seagram Building est terminé à New York en 1958, son immense place vide devant la tour surprend profondément les promoteurs immobiliers.

Ce retrait donne au gratte-ciel une monumentalité inattendue : au lieu d'être comprimée entre ses voisins, la tour semble respirer, isolée au milieu de la ville. Le vide agit aussi sur les passants, dont il ralentit la marche, ouvre les perspectives et installe une zone de calme rare dans la densité de Midtown. Le bâtiment recule volontairement par rapport à la rue au lieu d'occuper tout le terrain disponible.

L'effet impressionne durablement architectes et urbanistes, au point d'inspirer la réforme du zonage de New York en 1961, qui récompense les promoteurs aménageant une place publique au pied de leurs tours. Le Seagram Building aura ainsi montré qu'en architecture moderne, l'espace laissé libre peut peser autant que la masse construite. Ce simple espace vide va transformer durablement l'architecture des gratte-ciel américains.

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