Lore Magazine de culture & d'histoire

Culture

Le bureau chronométré

Le bureau chronométré
Pool de dactylographie, Navy Department, Washington, vers 1940.

Au début du XXe siècle, l'organisation scientifique du travail quitte l'usine pour le bureau. Les pools de dactylographie alignent des dizaines d'employées dont chaque geste est mesuré, standardisé et chronométré.

En 1911, l'ingénieur Frederick Taylor publie Principles of Scientific Management : décomposer chaque tâche en mouvements élémentaires, supprimer les gestes inutiles, fixer un rythme optimal. Né dans l'atelier, le principe gagne vite le travail de bureau en pleine expansion. Au début du XXe siècle, l'organisation scientifique du travail quitte l'usine pour le bureau.

Le pool de dactylographie en est l'incarnation. Les machines identiques, alignées en rangées, permettent de comparer les cadences ; on compte les frappes par minute, on planifie les flux de courrier comme une chaîne de production. Le bruit continu des touches devient, pour l'encadrement, le signe audible du rendement. Les pools de dactylographie alignent des dizaines d'employées dont chaque geste est mesuré, standardisé et chronométré.

Cette rationalisation a un coût humain : monotonie, surveillance, perte d'autonomie. Elle façonne pourtant durablement le travail administratif moderne, dont les indicateurs de productivité numériques d'aujourd'hui sont les héritiers directs.

En savoir plus

Lire en mode scroll immersif