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Culture

Les villes qui accélèrent

Les villes qui accélèrent
Carrefour de Shibuya, Tokyo.

On marche plus vite dans une grande ville que dans une petite — et de façon mesurable. La vitesse de marche d'une population croît avec la taille de l'agglomération.

En 1976, les psychologues Marc et Helen Bornstein comparent la vitesse de piétons dans des villes de tailles différentes, sur plusieurs continents. La corrélation est nette : plus la population est grande, plus le pas est rapide, indépendamment de la culture locale — phénomène mesurable, pas une impression de touriste pressé.

Le phénomène tient à la densité informationnelle urbaine. Submergé de stimuli, le citadin filtre, accélère et abrège ses interactions pour gérer la surcharge. La vitesse devient une adaptation au volume de sollicitations, non un simple trait national ou tempérament individuel.

En 1999, le psychologue Robert Levine étend la mesure à trente et un pays en y ajoutant d'autres indices de « rythme de vie » — rapidité d'un guichetier, exactitude des horloges publiques. La marche rapide apparaît comme le symptôme visible d'une économie dense et pressée. Comprendre ce rythme, c'est mesurer la ville autant qu'on la traverse.

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